Pourquoi utiliser un code Pantone pour transmettre vos couleurs à l’impression ?

Les teintes Pantone sont des couleurs normalisées et référencées dans un échantillonnage appelé nuancier ou « pantonier ». Elles sont principalement utilisées en imprimerie car le spectre CMJN (Cyan/Magenta/Jaune/Noir ou CMYK en anglais) ne permet pas d'obtenir toutes les teintes. Ce qui fait tout l’avantage des références Pantone, puisqu’elles permettent d'adjoindre à l'impression une cinquième voire une sixième teinte ou plus (dite solide) pour être au plus près de la couleur désirée. Les couleurs Pantone relèvent de plusieurs gammes :
• Pantone C (coated), pour le papier couché,
• Pantone U (uncoated), pour le papier non couché,
• Pantone M (matted), pour le papier mat.

Déterminez la référence qui vous convient avec un Pantonier (ou nuancier Pantone)

En amont de la production de ces couleurs, il y a les guides Pantone (feuilles cartonnées de 15 × 5 cm imprimées d'un côté avec une série de couleurs de même tonalité, et reliées en opuscule). Une page donnerait par exemple toutes les variantes de jaune, du clair au foncé. Les livrets sont réimprimés annuellement pour éviter que les couleurs ne se délavent avec le temps. Les valeurs assignées aux différentes couleurs peuvent également varier avec le temps et les rééditions.

L'idée de base du système Pantone est de choisir une couleur d'après les guides et, pour l’imprimeur, d'utiliser les nombres correspondants pour obtenir la variante correspondante (par exemple en demandant du « Pantone 655 »). Ce choix d’un code précis pour vos couleurs se justifie d’autant plus que la correspondance entre ordinateurs (qui utilisent le système RVB, Rouge/vert/bleu) et machines d'impression (sous CMJN) est encore aujourd'hui approximative. D’ailleurs, désormais, Pantone se diversifie en proposant des solutions pour l'étalonnage des couleurs sur les écrans informatiques.
Pour l’anecdote, les valeurs Pantone sont devenues une telle référence que le Parlement écossais a récemment débattu d'une mesure qui fixerait la couleur du drapeau à un Pantone 300, c'est à dire un bleu roi.

Si vous voulez en savoir plus : un peu d’histoire…

Pantone Inc. est une société américaine basée à Carlstadt, dans le New Jersey. Lawrence Herbert qui en est le président, rejoignit Pantone Inc. en 1956 et la racheta en 1962. Avec cette petite société qui fabriquait des nuanciers pour les fabricants de cosmétiques, Herbert développa son premier système de couleurs Pantone® Matching System® ou PMS pour l'impression en 1963.
L'idée de base est d'abandonner le système classique de la quadrichromie utilisant quatre couleurs primaires (cyan, magenta, jaune et noir) dont on sait qu'elles sont incapables de reproduire par mélanges toutes les autres couleurs. Contrairement à la quadrichromie, qui est un mélange optique de la couleur, le Pantone est un mélange physique de couleur, c'est-à-dire que les encres sont mélangées par le pressier avant d'imprimer.
Le système Pantone d'origine s'est donc appuyé non pas sur quatre mais sur dix couleurs primaires :
• black (noir primaire),
• transparent white (transparent pour éclaircir la couleur),
• yellow (jaune primaire),
• warm red (rouge chaud),
• rubine red (rouge rubis),
• rhodamine red (rouge rhodamine, en fait magenta),
• purple (violet et non pourpre, qui est un anglicisme fréquent, mais fautif),
• reflex blue (bleu réflexe, sorte de bleu indigo très pur),
• process blue (bleu primaire, plus soutenu que le cyan),
• green (vert).

Le nuancier Pantone, que les imprimeurs appellent aussi « pantonier » et qui ne comprend pas moins de huit cents teintes, donne en fait les proportions de chacune de ces dix teintes de base. Certaines couleurs sont obtenues soit avec deux primaires (une teinte pure et un dopage soit transparent pour éclaircir, soit noir pour assombrir) soit avec trois primaires (deux teintes et un dopage) soit avec quatre primaires (trois teintes et un dopage).

Dans les années 1980, le système Pantone vient s'enrichir de quatre couleurs primaires supplémentaires :
• rouge 032 (rouge pur),
• orange 021 (orange pur),
• jaune 012 (un jaune plus soutenu que le jaune primaire),
• violet.
Ce qui porte à quatorze les couleurs primaires. Le nuancier est également étoffé avec des teintes fluorescentes et des nuances intermédiaires qui obligent à passer de trois à quatre chiffres le codage des couleurs supplémentaires. Pour garder la compatibilité en amont, les huit cents couleurs du premier nuancier continuent à être codées sur trois chiffres. Ainsi le Pantone 3005 est une nuance intermédiaire entre le Pantone 300 et le Pantone 301.

Dans les années 1990, Pantone invente un nouveau procédé de séparation des couleurs d'imprimerie, l'hexachromie, qui permet de reproduire un plus grand nombre de nuances (en particulier les teintes impossibles à réaliser en quadrichromie comme l'orange et le violet). Ce procédé nécessite un système d'impression à six unités d'encrage et des logiciels spécifiques pour la séparation en six couleurs. Les six couleurs primaires de l'hexachromie sont : noir, cyan, magenta, jaune, orange et vert. Suivant les cas, le vert peut être remplacé par le bleu reflex.

A noter que les codes Pantone sont utilisés pour la spécification des couleurs mais avec un référencement différent : dans l'industrie du textile (Pantone for Fashion and Home) et dans l'industrie du plastique.

La liste de couleurs de Pantone est soumise à des droits de propriété intellectuelle (en tant que copyright et non pas comme brevet logiciel) et n'est donc pas libre d'utilisation, ce qui explique que les valeurs Pantone ne sont pas disponibles dans les logiciels libres tels que GNU Image Manipulation Program (The GIMP).

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pantone_Inc.